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N’ayez pas peur !
Lettre ouverte au président de
France Telecom
Les français – vos clients et les nôtres-
veulent plus de concurrence dans le téléphone fixe. D’une part, à
plus de 80%, ils veulent pouvoir choisir leur opérateur local de
téléphonie. D’autre part, une majorité des internautes veulent
accéder à l’internet rapide -le fameux ADSL- dans des conditions
simples et économiques. Cet internet rapide, qui est à l’internet
traditionnel ce qu’une berline moderne est à une bicyclette du début
du siècle, et va révolutionner notre usage de l’internet.
Les
français savent qu’un minimum de concurrence est indispensable pour
que les prix baissent et que les opérateurs innovent. Dans un passé
proche, seule la concurrence a permis l’explosion du téléphone
mobile avec l’arrivée de Bouygues Telecom, et du téléphone fixe,
“longue distance”, avec l’arrivée de Tele2. Sans cette concurrence,
les prix restent élevés, l’innovation est lente, et la demande
stagne ; c’est une loi jamais contredite.
Nous, vos
concurrents, voulons investir pour offrir à nos clients le téléphone
local et l’internet rapide. Pour cela nous devons vous louer la
“boucle locale”, ce dernier kilomètre de ligne téléphonique, votre
monopole. C’est la clé de l’ouverture du marché.
La loi vous
demande de nous louer cette boucle locale –location que nous
appelons dans notre jargon le dégroupage- à des tarifs “proches de
vos coûts”… Mais, aujourd’hui, les prix de location que vous nous
demandez sont tellement élevés que, si nous les acceptions, nous
serions face à un dilemme mortel : vendre à lourdes pertes, et donc
mourir vite ; ou bien vendre trop cher, et donc ne pas exister.
Beaucoup de vos concurrents vont jusqu’à murmurer que France Telecom
abuserait de sa position de monopole de fait, pour empêcher leur
développement.

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